Firmine écrivain !

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Mes lectures sont bien souvent en rapport avec ce que je vis et à l’aube de mes 30 ans , je ressens désormais le besoin de lire davantage de récits de vie et tout particulièrement de récit de vie de femmes.

C’est donc avec joie que je suis tombée sur Ce qui t’est destiné, le courant ne l’emporte pas l’autobiographie de Firmine richard alors que je me promenais dans les allées de la librairie Générale de Pointe à pitre, essayant de tuer le temps avant un rendez vous.

Firmine qui ? Mais oui ! Firmine Richard ! Les fans de « La première étoile » auront reconnu bonne maman la mère de Jean Gabriel Elizabeth le héro du film.

Bien au-delà de la simple bonne maman du film, c’est une femme courageuse, authentique, audacieuse et libre que j’ai découvert tout au long de ces 247 pages bien loin de la vedette de cinéma que l’on pourrait imaginer.

Je partage avec vous toutes les leçons de vie que j’ai tirées de de cette lecture ô combien riche.

Leçon numéro 1 : toi même tu resteras.

Firmine Richard est une femme de Guadeloupe , profondément attachée à sa culture et à son île .
Si vous avez eu la chance de la voir sur grand écran , vous connaissez son accent chantant bien de chez nous, accent qu’elle n’a eu de cesse d’afficher sur les plateaux de plusieurs grandes productions françaises.

Firmine Richard est donc née Guadeloupéenne et pointoise et selon elle il n’y a là point de hasard mais simplement l’oeuvre du destin comme bien des choses dans sa vie .

Il me semble important de mentionner le fait que Firmine vient au monde durant l’année de la départementalisation, elle a donc faillit naître colonisée comme elle le dit si bien et connaît donc bien cette Guadeloupe d’antan , celle de ces français bien à part qui apprenaient la langue française à l’école.

Si c’est la commune de Pointe à Pire qui l’a vu naître, c’est du Gosier que Firmine Richard et sa famille sont originaires.

Enfin , c’est en France métropolitaine que sa carrière s’est construite mais Firmine Richard n’a eu de cesse de porter sa Guadeloupe et son terroir dans son coeur , tentant d’y rester définitivement et y revenant chaque fois qu’elle le pouvait .

Leçon numéro 2 : en ton destin tu croiras.

Le titre en français de l’autobiographie de Firmine n’est autre que la traduction du proverbe créole « Sa ki la pou w dlo pa ka chayé i » et le moins que l’on puisse dire c’est que dans la vie de Firmine Richard il ne semble pas y avoir de hasard mais uniquement des rendez- vous .

De sa naissance dans une famille modeste qui lui apportera cette humilité mais également cette considération pour tous en dépit des origines ou de la notoriété en passant par son passé de femme battue qui contribuera par la suite à son profond sens de l’engagement pour la cause , rien ne semble avoir être le fruit du hasard dans la vie de notre comédienne antillaise.

Et si vous vous demandez comment cette femme employée du conseil régional de Guadeloupe s’est retrouvée à jouer auprès d’une vedette du cinéma français(Daniel Auteuil) , là encore point de hasard mais bien une rencontre ou plutôt deux , celles de Evy Figliolini et de Coline Serrau réalisatrice de « Romuald et Juliette ».

La vie de Firmine Richard est loin d’ être un fleuve tranquille.

Les difficultés y ont été nombreuses .

Il faut retenir une chose cependant , ni le racisme, ni les violences conjugales, ni les déceptions dans sa vie de femme, ni le regard des autres n’ont empêché Firmine Richard de penser qu’elle avait droit au bonheur , qu’elle avait le droit de prétendre à ce qui lui plaisait, de croire en son destin.

Leçon numéro 3 : audacieuse tu seras.

L’audace est définitivement la vertu qui selon moi caractérise Firmine Richard , car si le cinéma lui a tendu les bras c’est bien en se montrant audacieuse que la guadeloupéenne a réussi à y rester.

Car vous vous en doutez bien , rien n’a été simple mais Firmine Richard n’a eu de cesse de se présenter là où personne ne l’attendait .

Après un premier rôle dans « Romuald et Juliette » voilà notre employée du conseil régional décidée à poursuivre une carrière dans le cinéma , Firmine devient comédienne !

Son parcours semé d’embûches ne l’aura pas découragée et même si le temps d’attente entre deux rôles pouvait s’avérer long( 3 voire 4 ans) la guadeloupéenne n’aura eu de cesse de continuer .

J ai beaucoup apprécié le récit des 6 mois passés au Lee Strasberg theatre (Los Angeles) en formation pour appréhender les bases indispensables du métier de comédien.

Elle n’a pas hésité à faire une demande de bourse d’étude au ministère des affaires étrangères pour financer sa formation.

J’ai aussi beaucoup aimé le récit de sa seconde venue au Festival de Cannes, cette fois sans film à présenter , elle n’a pas hésité à faire des pieds et des mains pour obtenir un logement et une accréditation.

Elle y a fait des rencontres marquantes , Spike Lee, Denzel Washington …..

Point de limite pour Firmine Richard et c’est ce qu’il faut retenir pour nous -mêmes.

Leçon numéro 4 : un engagement pour les causes qui te tiennent à coeur tu prendras.

Notre guadeloupéenne est une femme engagée et n’hésite pas à s’exprimer pour de nombreuses causes.

Sa participation à l’ouvrage collectif pour dénoncer le racisme dans le cinéma français « Noire n’est pas mon métier » , son engagement politique pour défendre les intérêts des ultramarins à la mairie de Paris , son engagement en tant qu’ambassadrice à la fondation des femmes pour lutter contre les violences faites aux femmes voilà autant d’ exemples d’investissement de Firmine Richard pour des causes qui bien souvent font écho à sa propre expérience de femme ou plus simplement d’être humain.

Son partage d’expérience nous amène nous aussi à réfléchir aux causes qui nous parlent .

Pour quelles raisons seriez vous prêt(es) à vous engager ? Qu’est ce qui vous révolte ?

Quelles sont les questions ou débat que vous souhaiteriez voir mis sur le devant de la scène ?

Je conclurai en disant que Firmine Richard nous appelle à ne pas nous cantonner à notre condition d’origine, à faire preuve de volonté, d’audace et de courage et à saisir les occasions que nous présente le destin.

Puisez au fond de vous même l’énergie pour tirer du positif de ce qui vous arrive.

Dans le prologue de son autobiographie, Firmine Richard dit vouloir « être utile à vivre et à rêver », je vous souhaite de trouver dans son ouvrage de quoi le faire !

Odile

Stevy Mahy : Renaissance woman project

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Le désormais emblématique Mémorial Act de Pointe à Pitre a accueilli samedi 26 Août l ‘artiste guadeloupéenne Stevy Mahy .

Celle qui se décrit comme une femme qui chante, a présenté « Renaissance Woman » le fruit de sa résidence d’artiste de 5 jours.

Le projet Renaissance Woman s’articule autour du développement personnel , de la connaissance mais aussi de l’acceptation de soi même.

Drapée dans une longue robe aux imprimés psychédéliques , Stevy mahy s’est muée le temps d’une soirée en conteuse et a proposé un spectacle parsemé de vidéos , de chorégraphies interprétées par 4 danseurs mais aussi de chansons extraites de son premier album « Créole folk trip » mais également de son dernier opus « Renaissance woman » . Retour sur une soirée pleine d ‘émotions.

 Il était une fois….

C ‘est d’abord une histoire que Stevy a souhaité nous raconter, celle de deux flammes jumelles, deux êtres qui n’ont eu de cesse de se chercher et se sont finalement trouvés .

Tous deux connaissent la perte , celle de l être aimé pour l’un et celle d’une partie d’elle même pour l’autre , son sein, ce sein nourricier , symbole de féminité , rongé par la maladie .

Ces deux flammes jumelles traversent les différentes étapes que l ‘on traverse avant d atteindre la renaissance et d’accepter , de laisser aller ,de laisser faire dieu.

Quatre étapes composent ce long voyage vers la renaissance , la mort , le déni , le lâcher prise et l’éveil .

Accompagnés de leurs énergies masculine et féminine, les deux êtres se meuvent au fur et à mesure dans ces différentes étapes pour enfin connaître la renaissance , se retrouver et ne faire plus qu’un.

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Une métaphore de sa propre histoire

Stevy mahy fait partie de ses artistes qui ne mettent pas de frontière entre leur œuvre et leur vie .

Ils transforment leurs émotions en œuvres et donnent forme à leur vision de la vie en chansons , vêtements , bijoux , peinture , films ou encore poème. Ils sont la création incarnée.

C’est sa propre histoire que l’artiste a souhaité mettre en scène , ces deux flammes jumelles que le public a pu suivre tout au long du spectacle ne sont que les deux faces de sa propre personnalité , accompagnées de ses énergies masculine et féminine.

La femme qui pleure son sein c’est Stevy plus jeune , dans un processus de deuil de toutes celles que la société aurait voulu qu’elle soit.

L’homme qui pleure son épouse , c’est aussi Stevy , Stevy face à la perte de ceux qu’elle a aimés et avec lesquels elle a du apprendre à faire sans , aussi difficile cela soit -il car on ne sait pas «  faire sans » comme elle le dit elle même.

Son énergie masculine l’a portée tandis que son énergie féminine a été plus difficile a apprivoisé au fur et à mesure des années.

Ceux qui suivent l’artiste sur les réseaux sociaux et dans ses différents projets sont familiers des différentes problématiques soulevées durant ce spectacle ainsi que de son parcours de renaissance.

La chanteuse Guadeloupéenne qui a récemment fêté ses 40 ans célébrait le rejet de tous les stéréotypes reliés à cette âge pour embrasser pleinement la femme qu’elle est aujourd’hui plus désirable que jamais, plus belle que jamais et comme elle le chante si bien plus forte.

Femme d’arts: renaissance woman

Stevy Mahy est la définition même d’une renaissance woman .

Ce terme anglophone désigne un être , homme ou femme investi dans plusieurs domaines artistiques.

Ceux qui suivent la guadeloupéenne la connaissent comme chanteuse, réalisatrice, mais aussi créatrice de bijoux et de pochettes.

Le spectacle proposé ce Samedi 26 août a été à l’image de cette renaissance woman qu’est Stevy Mahy.

Les chansons des deux albums de l’artiste ont été bien sur mises en avant .

Elles ont été interprétées par l’artiste elle même accompagnée d’un guitariste .

Grande amoureuse d’Haiti, Stevy a laissé une belle place à des chants haitiens vaudous aux rythmes envoutants.

Ils ont porté le spectateur durant ce voyage à la fois mystique mais aussi terriblement proche de chacun de nous.

La danse, magnifiée par les corps de 4 danseurs, a également été un instrument pour incarner cette renaissance qu’a voulu nous faire partager Stevy Mahy.

Enfin, la vidéo , sans doute le premier amour de la chanteuse a permis de mettre des images sur les sentiments et émotions partagés ce soir là .

Ceux qui étaient là se rappelleront sans doute de l’image de cette chute d’eau(sans doute à Saut -d’eau en Haiti) sous laquelle une foule vêtue de blanc semblait célébrer la vie , laisser couler la rivière et lâcher prise.

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Le fruit de la résidence d ‘artiste de Stevy Mahy ce soir d’Août semble être la confirmation que le public guadeloupéen va devoir compter sur cette femme -artiste aux multiples talents .

D’autres collaborations avec le mémorial Act sont d’or et déjà prévues dans les mois à venir.

 

 

L’album « Renaissance woman » est disponible en téléchargement légale .