Des mots qui font du bien

Dans la liste des ouvrages de femmes qui parlent aux femmes je voudrais vous parler d’un gros coup de coeur que j’ai eu il y a déjà deux ans de cela .

Si vous avez lu mon article sur l’autobiographie de Firmine Richard , vous savez qu’en ce moment je lis beaucoup de récits de vie écrits par des femmes.

Des mot pour un bien le livre de la blogueuse belgo-camerounaise Céline fait partie de ces ouvrages .

C’est à la suite d’un petit épisode particulier que j’ai ressentis le besoin irrépréssible de relire son livre et de m’assurer que je n’étais pas la seule à traverser ces petites difficultés que la vie nous réserve.

Comme le titre l’indique Céline livre son expérience personnelle afin d’élever ses lectrices pour les amener à avoir davantage confiance en elle.

Défenseresse de l’estime de soi , pilier de bien des domaines dans nos vies , c’est avec bienveillance que Céline nous livre ses conseils pour faire face aux différents défis de la vie d’une femme.

Qui est Céline ?

Céline c’est la grande sœur qu’on aimerait toutes avoir , d’abord blogueuse c’est sur Céline Mademoiselle.com que j’ai découvert cette jeune femme qui déjà à l ‘époque partageait avec ses photos de mode divers aspects de sa vie .

Céline , c’est une de ces femmes qui avec un jupe simple , une paire de ballerines et un chemisier ont de l’allure.

Fashion addict , adepte de ce qu’elle nomme « l’effortless style », ce sont des tenues simples mais chics qu’elle propose sur son blog.

Mais Céline ce n’est pas qu’une modeuse , c’est aussi et surtout une jeune femme de 37 ans qui sans faux-semblants et fidèle à sa devise « fashion and words as therapy » se livre sur des questions d’estime de soi, de foi , de relations ou encore d’expérience professionnelles pour aider et édifier en toute humilité.

Des mots pour un bien

Plus le temps passe , plus j’ai la conviction qu’échanger sur nos expériences est une bonne chose .

Loin de moi l’idée de vous pousser à « aller raconter votre vie » mais je reste persuadée qu’ouvrir au bon moment et aux bonnes personnes une petite fenêtre sur ce que vous vivez peut encourager, apaiser ou encore réconforter.

C’est dans cet esprit que Céline a rédigé Des mots pour un bien , son histoire, celle d’ une jeune femme camerounaise qui vit en Europe depuis presque quinze ans .

Céline comme bon nombre d’entre nous a traversé toutes ces petites épreuves qui peuvent constituer la vie d’une femme, et plus singulièrement d’une femme étrangère en Europe.

L’ouvrage divisé en 5 parties ( société, amour , travail, leçon de vie et bien -être) relate des épisodes de la vie de Céline elle y parle du manque de confiance en elle lorsqu’elle était étudiante, des difficultés administratives liées à son statut de femme immigrée , d’échecs amoureux , du regard des autres, de relations toxiques, d’ouverture à la vie, de fausse couche mais aussi de bien d’autres expériences qui lui ont permis de tirer des leçons et d’être la femme qu’elle est aujourd ‘hui.

En relisant  Des mots pour un bien j’ai particulièrement aimé la partie intitulée « Alexandre », du nom du bébé que l’auteur a perdu lors d’une douloureuse fausse couche.

Lors de ma première lecture , il y a deux ans de cela , ce passage m’avait émue et j’avais perçu dans les mots de Céline la souffrance que peut traverser une femme en attente de l’arrivée d’un enfant.

C’est avec cette fois de la joie que j’ai relu cette partie , Céline étant depuis devenue maman d’une petite Anne -Charlotte.

Si vous sentez le poids de la vie sur vos épaules ou que vous vivez une énième déception je suis persuadée que vous trouverez dans les mots de Céline un baume à appliquer sur votre coeur et peut être aussi une énergie nouvelle pour aller de l’avant , prendre soin de vous et retrouver confiance en vous .

Ce fut le cas pour moi.

Je terminerais en citant les mots de Céline elle-même , « Croyez en vous comme je crois en moi. Tant qu’il existera des raisons nobles dans ce que que nous entreprenons nous y arriverons j’en suis certaine. »

Vous pouvez vous procurer le livre de Céline sur le livre en papier.com

Vous pouvez également retrouver Céline sur son blog célinemademoiselle.com sur sa chaine youtube et sur sa page instagram du même nom.

 

Firmine écrivain !

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Mes lectures sont bien souvent en rapport avec ce que je vis et à l’aube de mes 30 ans , je ressens désormais le besoin de lire davantage de récits de vie et tout particulièrement de récit de vie de femmes.

C’est donc avec joie que je suis tombée sur Ce qui t’est destiné, le courant ne l’emporte pas l’autobiographie de Firmine richard alors que je me promenais dans les allées de la librairie Générale de Pointe à pitre, essayant de tuer le temps avant un rendez vous.

Firmine qui ? Mais oui ! Firmine Richard ! Les fans de « La première étoile » auront reconnu bonne maman la mère de Jean Gabriel Elizabeth le héro du film.

Bien au-delà de la simple bonne maman du film, c’est une femme courageuse, authentique, audacieuse et libre que j’ai découvert tout au long de ces 247 pages bien loin de la vedette de cinéma que l’on pourrait imaginer.

Je partage avec vous toutes les leçons de vie que j’ai tirées de de cette lecture ô combien riche.

Leçon numéro 1 : toi même tu resteras.

Firmine Richard est une femme de Guadeloupe , profondément attachée à sa culture et à son île .
Si vous avez eu la chance de la voir sur grand écran , vous connaissez son accent chantant bien de chez nous, accent qu’elle n’a eu de cesse d’afficher sur les plateaux de plusieurs grandes productions françaises.

Firmine Richard est donc née Guadeloupéenne et pointoise et selon elle il n’y a là point de hasard mais simplement l’oeuvre du destin comme bien des choses dans sa vie .

Il me semble important de mentionner le fait que Firmine vient au monde durant l’année de la départementalisation, elle a donc faillit naître colonisée comme elle le dit si bien et connaît donc bien cette Guadeloupe d’antan , celle de ces français bien à part qui apprenaient la langue française à l’école.

Si c’est la commune de Pointe à Pire qui l’a vu naître, c’est du Gosier que Firmine Richard et sa famille sont originaires.

Enfin , c’est en France métropolitaine que sa carrière s’est construite mais Firmine Richard n’a eu de cesse de porter sa Guadeloupe et son terroir dans son coeur , tentant d’y rester définitivement et y revenant chaque fois qu’elle le pouvait .

Leçon numéro 2 : en ton destin tu croiras.

Le titre en français de l’autobiographie de Firmine n’est autre que la traduction du proverbe créole « Sa ki la pou w dlo pa ka chayé i » et le moins que l’on puisse dire c’est que dans la vie de Firmine Richard il ne semble pas y avoir de hasard mais uniquement des rendez- vous .

De sa naissance dans une famille modeste qui lui apportera cette humilité mais également cette considération pour tous en dépit des origines ou de la notoriété en passant par son passé de femme battue qui contribuera par la suite à son profond sens de l’engagement pour la cause , rien ne semble avoir être le fruit du hasard dans la vie de notre comédienne antillaise.

Et si vous vous demandez comment cette femme employée du conseil régional de Guadeloupe s’est retrouvée à jouer auprès d’une vedette du cinéma français(Daniel Auteuil) , là encore point de hasard mais bien une rencontre ou plutôt deux , celles de Evy Figliolini et de Coline Serrau réalisatrice de « Romuald et Juliette ».

La vie de Firmine Richard est loin d’ être un fleuve tranquille.

Les difficultés y ont été nombreuses .

Il faut retenir une chose cependant , ni le racisme, ni les violences conjugales, ni les déceptions dans sa vie de femme, ni le regard des autres n’ont empêché Firmine Richard de penser qu’elle avait droit au bonheur , qu’elle avait le droit de prétendre à ce qui lui plaisait, de croire en son destin.

Leçon numéro 3 : audacieuse tu seras.

L’audace est définitivement la vertu qui selon moi caractérise Firmine Richard , car si le cinéma lui a tendu les bras c’est bien en se montrant audacieuse que la guadeloupéenne a réussi à y rester.

Car vous vous en doutez bien , rien n’a été simple mais Firmine Richard n’a eu de cesse de se présenter là où personne ne l’attendait .

Après un premier rôle dans « Romuald et Juliette » voilà notre employée du conseil régional décidée à poursuivre une carrière dans le cinéma , Firmine devient comédienne !

Son parcours semé d’embûches ne l’aura pas découragée et même si le temps d’attente entre deux rôles pouvait s’avérer long( 3 voire 4 ans) la guadeloupéenne n’aura eu de cesse de continuer .

J ai beaucoup apprécié le récit des 6 mois passés au Lee Strasberg theatre (Los Angeles) en formation pour appréhender les bases indispensables du métier de comédien.

Elle n’a pas hésité à faire une demande de bourse d’étude au ministère des affaires étrangères pour financer sa formation.

J’ai aussi beaucoup aimé le récit de sa seconde venue au Festival de Cannes, cette fois sans film à présenter , elle n’a pas hésité à faire des pieds et des mains pour obtenir un logement et une accréditation.

Elle y a fait des rencontres marquantes , Spike Lee, Denzel Washington …..

Point de limite pour Firmine Richard et c’est ce qu’il faut retenir pour nous -mêmes.

Leçon numéro 4 : un engagement pour les causes qui te tiennent à coeur tu prendras.

Notre guadeloupéenne est une femme engagée et n’hésite pas à s’exprimer pour de nombreuses causes.

Sa participation à l’ouvrage collectif pour dénoncer le racisme dans le cinéma français « Noire n’est pas mon métier » , son engagement politique pour défendre les intérêts des ultramarins à la mairie de Paris , son engagement en tant qu’ambassadrice à la fondation des femmes pour lutter contre les violences faites aux femmes voilà autant d’ exemples d’investissement de Firmine Richard pour des causes qui bien souvent font écho à sa propre expérience de femme ou plus simplement d’être humain.

Son partage d’expérience nous amène nous aussi à réfléchir aux causes qui nous parlent .

Pour quelles raisons seriez vous prêt(es) à vous engager ? Qu’est ce qui vous révolte ?

Quelles sont les questions ou débat que vous souhaiteriez voir mis sur le devant de la scène ?

Je conclurai en disant que Firmine Richard nous appelle à ne pas nous cantonner à notre condition d’origine, à faire preuve de volonté, d’audace et de courage et à saisir les occasions que nous présente le destin.

Puisez au fond de vous même l’énergie pour tirer du positif de ce qui vous arrive.

Dans le prologue de son autobiographie, Firmine Richard dit vouloir « être utile à vivre et à rêver », je vous souhaite de trouver dans son ouvrage de quoi le faire !

Odile

Mayra Andrade : Quand les manguiers sont en fleurs

 

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Ceux qui me connaissent savent que mayra Andrade est ma chanteuse préférée( Elle vient en première position et Jill Scott vient juste après !)

J’ai d’ailleurs eu la chance d’assister à l’une de ses performances l’été dernier à la maison des cultures du monde à Berlin.

La chanteuse cap verdienne établie à Lisbonne a récemment publié son 5ème album « Manga ».

Dans ce nouvel opus, l’artiste propose un mélange inédit de sonorités modernes africaines, de sons cap-verdiens et de saveurs lisboètes.

Elle y dévoile la trentenaire qu’elle est aujourd’hui , la femme épanouie et libre qu’elle est devenue.

Une métaphore de la féminité

L’identité féminine est définitivement au coeur de ce nouvel album .

Pour Mayra Andrade, la femme est un individu à multiples facettes comme la mangue ce fruit à la chair voluptueuse qui se consomme différemment en fonction de son stade de maturité.

Dans le très sensuel titre éponyme(manga) , la chanteuse décrit les ébats d’un couple et présente la femme comme une mangue à la chair voluptueuse dans la bouche de son amant…

Si elle souhaite parler de l’identité féminine , c’est une femme en particulier qu’elle voudrait dévoiler : elle-même.

Mais qui est Mayra Andrade me direz vous ?

Une femme qui aime danser , les rythmes qu composent cet album vous feront bouger sans même que vous ne vous en rendiez compte avec notamment « Segredu » ou encore « Terra da saudade ».

Vous irez jusqu’à vous croire sur une piste de danse dansant la kizomba avec votre amoureux!

Maya Andrade est aussi une femme qui aime parler de relations amoureuses « Afeto »(affection en portugais ) le premier single en est l’exemple même , une femme résolument ancrée dans son époque avec ces rythmes d’afro beats qui teintent bon nombre des morceaux de l’album mais aussi des rythmes qui appartiennent à la scène alternative de Lisbonne.

Cabo-verde

Le cap vert demeure la source première de l’inspiration de Mayra Andrade.

Seuls deux titres sont en anglais , le reste de l’album est chanté en créole Capverdien et en portugais

L’histoire du cap vert ainsi que sa culture sont distillées tout au long des 13 morceaux .

Le titre « vapor di imigrason » raconte l’histoire des bateaux à vapeur qui emmenaient ceux qui souhaitaient quitter le cap vert.

« Festa di santiago » , est aussi une célébration de la culture cap verdiennne, Santiago étant la plus grande ile du cap vert.

L’on retrouve aussi sur « vapor di imigrason » le ferrinho, cet instrument typique du cap vert.

Fière de son identité ouest africaine, Mayra marie magnifiquement bien les rythmes cap verdien à l’afro-beat nigérian et à cette guitare que l’on retrouve sur bon nombre de titres africains.

L’amour

L’album de Mayra Andrade est une ôde à l’amour sous toutes ses formes, l’amour physique, l’amour difficile avec le titre « Afeto » qui décrit sur un rythme dansant une relation compliquée , l’amour entre deux êtres qui semblent ne plus se comprendre , l’amour de soi -même , l’amour du public, public auquel l’artiste a tenu à offrir un album vrai, et réfléchi.

 

 

 

 

 

Quest : Une famille américaine

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France télévision propose depuis le mardi 14 novembre 2017 une nouvelle case documentaire , 25 nuances de doc.

Chaque mardi , les téléspectateurs sont invités à découvrir un nouveau documentaire français , européens ou d’ailleurs.

Mardi 10 Avril , 25 nuances de doc a proposé  « Quest ».

Réalisé par Jonathan Olshefski entre 2008 et 2018 , le documentaire raconte le quotidien poignant d’une famille afro-américaine les Rainey dans les quartiers nord de philadelphie.

Le documentaire a d’ailleurs été projeté au prestigieux Sundance festival.

We are family

Quest suit les tribulations de la famille Rainey sur 10 ans. Les Rainey , c’est une famille américaine recomposée on y trouve le père Christopher «Quest » la mère Christine’a « Ma Quest » et leur fille Patricia « PJ ».

Fatigués des relations difficiles et des déceptions amoureuses Christopher et Christine’a tous deux désireux de vivre une relation stable avec un partenaire solide décident de former un couple et d’avancer ensemble dans la vie.

Déjà parents de grands enfants, ils auront ensemble une fille Patricia « P.J ».

Le documentaire s’ouvre d’ailleurs sur les images de leur mariage.

Les Rainey vivent dans les quartiers nord de Philadelphie , quartiers majoritairement afro-américains gangrénés par la violence et le chômage.

Christopher plus connu sous le pseudo de « Quest » occupe des petits boulots mais tient surtout un studio dans le sous-sol de sa maison ,studio de musique rap devenu au fil du temps un lieu clé de la communauté .

Depuis déjà un petit peu plus d’une vingtaine d’année, les jeunes du quartiers viennent y poser leur rap, s’exprimer.

Son épouse Christine’a, occupe un petit boulot dans un refuge pour femme  .

C’est dans cet univers difficile qu’évolue la famille Rainey, univers dans lequel il vont démontrer tout le courage , l’amour , la sagesse et la force dont l ‘être humain est capable.

Christopher "Quest" Rainey, Christin'a "Ma Quest" Rainey, PJ Rainey

Strengh , courage and wisdom

Tout commence pour les Rainey le jour où Jonathan Olshefski, jeune réalisateur blanc ,rencontre le frère de Quest qui lui propose de découvrir le studio tenu par son frère.

Dans un premier temps , méfiant vis à vis de ce jeune blanc curieux de découvrir son univers, Quest va au fil du temps se lier d’amitié avec Jonathan qui va d’abord prendre des clichés de la vie en studio et décider par la suite de réaliser un documentaire sur le quotidien de cette famille noire issue de la classe ouvrière.

Prêt à sortir le film au bout d’une année c’est finalement 10 ans d’images que réunira Jonathan Olshefski avant d’aboutir au documentaire diffusé sur France 2.

Si le film est très riche , ces dix années elles, n’auront pas été de tout repos pour les Rainey qui auront du faire face au cancer , aux problèmes d’argent et à la violence dans la communauté dont sera victime leur fille « PJ »

Une leçon est à retenir de ce film , l’être humain est résilient et tout est surmontable si on veut bien faire preuve de courage, de sagesse et surtout si l’amour est présent.

99 problems

En toile de fond du documentaire l’on retrouve les problèmes auxquels doivent faire face bon nombre de communautés afro- américaine à travers les Etats-unis.

Parmi les questions que j’ai pu recenser, celle évidemment de la violence des gangs qui oblige les populations à ne pas s’aventurer hors de certains territoires.

On peut également mentionner celle de la paternité , Quest donne une image du père afro -américain trop peu souvent mise en avant ,il est présent pour sa fille et sa famille peut compter sur lui.

La communauté et ce que peuvent faire les uns pour les autres constitue également une problématique à part entière , la famille Rainey et Quest en particulier tente tant bien que mal d’apporter sa pierre à l’établissement d’une communauté forte et prête à affronter les difficultés .

Elle permet ainsi au plus jeunes de mener une activité saine au travers de la musique.

L’argent , le manque de moyen est également l’une des questions soulevée , la famille Rainey n’étant pas riche, l’absence d’argent se fait parfois sentir et Christine’a ’hésite pas à en discuter face caméra avec sa fille.

Ce documentaire criant de vérité , capture directement et sans voix off le quotidien d’une famille, il fait partie de ces films brut loin du glamour à tout prix et érige une  famille ordinaire en modèle .

Please don’t stop the music

Si vous lisez cet article attentivement , vous aurez remarqué que les différents paragraphes portent le nom d’une chanson.

En effet , la musique est le second protagoniste de ce magnifique documentaire . C’est par le rap que Quest tente d’aider les jeunes de sa communauté et le film est rythmé par les essais de rappeur en herbe chez Everquest recording le studio tenu par Christopher.

La musique du film est elle-même issue de ce studio.

25 nuances de doc a une page youtube sur laquelle les documentaires diffusés à la tv seront bientôt disponibles.

 

 

 

 

 

Black cultural archives: conserver la mémoire des afro british.

« London , London is calling you ! » chantait il y a déjà deux ans de cela Benjamin Clémentine le magnifique. Cet été Londres m’a moi aussi appelée ou plutôt rappelée . Après une première visite en juillet 2016 me voilà de retour dans la capitale britannique en juillet 2017 prête à découvrir( ou redécouvrir) ses multiples recoins.

Touriste dans l’âme, c’est armée de mon fidèle guide du routard et de ma petite liste de « must- see in London  » que j’ai donc arpenté pour la seconde fois les rues de la ville , décidée à respecter chacune des étapes de mon planning.

« C ‘est en sortant des sentiers battus que l’on découvre les endroits les plus inattendus lorsque l’on visite une ville ! » vous diront les touristes aguerris .

Fatiguée des traditionnels  british museum , et autres Buckingam palace j’ai décidé  cette fois ci de m’aventurer dans le très populaire Brixton et de m ‘y promener sans but précis. C’est alors qu’apparut le black cultural archives .

Ma curiosité piquée je décidai de pénétrer le bâtiment , voici ce que j’y découvris.

 

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Conserver la mémoire des citoyens britanniques d ascendance africaine .

Le black cultural archives a été fondé en 1981 dans un royaume unie alors dirigé par Margareth Thatcher.

Comme beaucoup de grandes démocraties du monde occidentale, la grande Bretagne n’a pu échapper aux émeutes raciales et a vu éclater au printemps 1981 dans un Brixton alors encore majoritairement noire des affrontements entre manifestants et force de l’ordre.

Alors que le conflit battait son plein et convaincus que seuls l’éducation et la mise en lumière de l’histoire de la présence noire en Grande Bretagne calmerait la situation , un groupe d’activistes, d’enseignants et d’artistes avec à sa tête Len Garrison un militant du monde associatif fervent défenseur de l’éducation, décide alors de fonder ce lieu de conservation de tous les documents attestant de la présence noire en Grande Bretagne.

Ainsi ,le premier étage du bâtiment est dédié à la conservation de toute la littérature , et de toutes les publications audios mais aussi des objets et des photographies en relation avec la diaspora africaine qu’elle vienne du continent africain ou de la Caraibe.

Plus que de conserver des documents , il s’agit de mettre à la disposition de tous , du simple citoyen curieux de son histoire à l’universitaire toute cette matière qui témoigne des relations entre la diaspora africaine et la Grande Bretagne au travers des siècles.

Un bâtiment digne de l’histoire qu’elle abrite

C’est au prix de luttes et d’efforts que s’érige depuis 2014 l’actuel black cultural archives, l’établissement d’origine se résumant en effet à une simple devanture de magasin.

Le bâtiment flambant neuf d’une valeur de 4 millions de pounds au coeur de Londres non loin du très populaire Brixton Market est le résultat d’un partenariat avec le Lambeth council et de l’obtention d’une bourse.

Le bâtiment et la très récente présence du prince Charles dans ses murs (en Janvier de cette année) sont ainsi la preuve que le gouvernement britannique donne aujourd’hui plus d’importance à l’histoire de ses minorités et au rôle joué par celles-ci dans l’histoire britannique et plus singulièrement dans l’histoire de Londres.

Sa situation géographique témoigne bien de cette volonté de faire vivre le passé au milieu de notre époque

Vous y serez accueillis chaleureusement par les employés qui se feront un plaisir de vous expliquer le fonctionnement des lieux.

Le black cultural archives fonctionne en majeur partie grâce à des subventions mais il ne vous sera pas interdit de vous montrer généreux en glissant une petite pièce dans l’une des boites mises à l’entrée.

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Un espace de création

Outre les expositions gratuites que propose le black  cultural archives ( celle du mois de juillet intitulée « black sound » traitait de la contribution noire à la musique britannique de la musique produite par les premiers immigrés aux artistes contemporains comme Tinie Tempah ou encore Emelie Sandé) le black  cultural archives est aussi un espace de création où les artistes musiciens et poètes pour la plus part viennent régulièrement s’exprimer lors de soirée culturelle.

Des scènes ouvertes où les apprentis poètes sont invités à venir s’exprimer y sont d’ailleurs organisées.

Bien que le quartier soit en plein processus de gentrification n’étant plus tout à fait le coeur du black London , le black archives lui demeure le symbole même d’une Grande Bretagne consciente de toutes ses couleurs.

 

Quand un homme aime une femme,l’amour expliqué aux antillais.

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Il est des fois dans l’existence où les livres nous sont d’une grande utilité .

Je l’ai réappris récemment .

Comme beaucoup durant la période estivale, j’ai cédé aux sirènes de l’amourette de vacances et comme beaucoup j’ai confondu attachement, attirance et amour.

Certes ,ces trois mots débutent par la même lettre mais chacun fait référence à une réalité bien différente….

Là où je croyais voir de l’amour dans les yeux de celui qui faisait battre mon coeur , il n y avait sans doute que de l’attirance .

L’amour avec un grand A est une notion dont l’homme antillais discute peu et l’éducation sentimentale n’étant pas vraiment au programme de la culture antillaise , il peut arriver que tout ne soit pas très claire dans la tête de nos hommes mais aussi parfois dans la notre.

Décidée à ne pas revivre une telle expérience , je me suis alors tournée vers ma bibliothèque qui bien souvent répond à mes interrogations et je lui ai posé les questions suivantes : qu’est ce que l’amour ? Que fait un homme qui vous aime et pour qui vous comptez ?

C’est alors qu’est apparu le livre de Steve Gadet : « Quand un homme aime une femme ».

J’avais fait l’acquisition de cette ouvrage en 2016 , curieuse de savoir ce qu’un homme antillais et qui plus est jeune, pouvait bien avoir à dire sur l’amour.

A la lumière de ma petite mésaventure , voici 5 choses que Steve Gadet m’a apprises sur ce qu’un homme devrait faire si vous comptez pour lui, s’il vous aime.

Quand un homme aime une femme, il la met en confiance

La confiance est sans doute la base de toute relation saine.
Si à un moment ou à un autre de votre relation , vous avez le sentiment de ne pas être en paix , de vous sentir mal à cause des agissements de celui que vous croyez être votre amoureux , ou de ne pas être en confiance, il se pourrait que celui-ci ne vous aime pas réellement.
Certains hommes désirent être avec une femme uniquement dans le but de satisfaire une de leurs envies, un de leurs fantasmes , de retrouver un souvenir ou d’être avec leur coup de coeur du moment.
A aucun moment de la relation ils ne prennent en compte les envies de cette dernière (ou de celle avec qui ils ont entamé une relation) et encore moins les sentiments qu’elle pourrait développer.
Ils multiplient les comportements peu fiables (annulation de rendez- vous à la dernière minute, absence d’appels ou de messages sur une période plus ou moins longue) et réveillent les insécurités de leur partenaire.

Quand un homme aime une femme il lui accorde du temps et de l’attention

Steve Gadet le dit lui même « aimer c’est donner son temps , ses ressources émotionnelles, sa liberté, sa personne pour le bien de l’autre ».
Quand un homme aime une femme , il lui accorde du temps et de l’attention et ne laisse aucune circonstances l’empêcher d’être avec elle .
Il intègre la notion de sacrifice et renonce à un temps qu’il aurait pu passer à faire autre chose (être avec ses copains, jouer à la playstation…) pour l’investir avec elle.
Si vous avez le sentiment que celui que vous convoitez vous rencontre toujours à l’arrache et que le temps passé ensemble est compté alors peut être que vous n’êtes pas dans une relation « amoureuse ».
Certains hommes, notamment les plus jeunes d’entre eux, refusent d’investir leur temps ou leurs émotions dans une relation avec une femme de peur de perdre leur liberté ou parfois de peur d’être blessé par la suite .
L’amour , le vrai ne craint ni l’investissement ni la perte de la liberté .

Quand un homme aime une femme il la respecte

Le respect désigne un sentiment de considération envers quelqu’un et qui porte à le traiter avec des égards particuliers.

Un homme qui vous aime réellement ou qui envisage de vous aimer dans un avenir proche , vous traitera avec ces égards particuliers et vous respectera physiquement mais aussi émotionnellement.

Certains hommes et notamment ceux qui manquent de maturité émotionnelle , estimeront qu’il ne vous manquent pas de respect dans la mesure où il n’il y a ni violence verbale , ni violence physique entre vous.

Si dans votre relation ou dans votre histoire avec votre partenaire vous vous sentez méprisée, dénigrée ou que vous avez le sentiment de ne pas être fidèle à vous même dans l’une de vos actions, ou de devoir faire une concession bien trop importante pour vous alors peut être que l’élu de votre coeur vous blesse émotionnellement et ne vous traite pas avec la déférence due à quelqu’un qui compte .

Bien souvent les femmes que nous sommes préfèrent se voiler la face ou se persuader qu’elles agissent de leur plein gré,mais en étant honnête avec vous- même vous réaliserez qu’il y a quelque chose qui vous gêne.

Quand un homme aime une femmme il cherche à avoir une intimité saine avec elle

Toujours dans l’optique d’assouvir leur fantasme ou de tester leur coup de coeur, certains hommes encouragent l’objet de leur convoitise à se donner physiquement et émotionnellement à eux sans garantie.
Ceux qui ont le plus de bouteille vont user des techniques de séduction les plus élaborées, d’autres vont se servir de leur personnalité et ne mettre en avant que les aspects de celle -ci qui auront attiré l’attention de la femme avec qui ils désirent être sur le moment.
Une fois leur pulsion assouvie, une fois leur intérêt passé, ils n’hésitent pas à laisser leur partenaire seule et émotionnellement démunie .
Ils prétextent alors une envie d’être seul ou une impossibilité de s’investir dans une quelconque relation lui faisant regretter de s’être donnée émotionnellement mais aussi et parfois physiquement.
Certains hommes, vont encore plus loin et préviennent celle qui les intéressent de leur impossibilité et ce pour des raisons diverses à s’investir dans une quelconque relation avec elle par la suite tout en l’incitant à se donner à eux , la mettant ainsi dans une situation inconfortable, lui donnant le sentiment d’être prise entre deux feux.
Ils n’ont pour unique ambition que leur propre satisfaction et ne pensent à aucun moment à la femme avec laquelle ils sont impliqués dans une histoire .
Il n’est ici clairement pas question d’amour.

Quand un homme aime une femme il s’efforce d’ avoir une relation exclusive avec elle.

Ah la fidélité ! Les débats qui tournent autour d’elle font rage depuis la nuit des temps .
Sommes nous faits pour être fidèles ou pas ? L’homme est – il un animal monogame ?
Quel que soit le titre que prennent ces débats , ils posent toujours la même question.
Dans les faits, la majorité des femmes sont en faveur d’une relation exclusive. Cela établie, si l’homme que vous convoitez vous aime ou souhaite vous aimer , il fera tout ce qui est en son pouvoir pour entretenir une relation exclusive avec vous.
Aussi difficile cela soit -il pour lui il vous réservera à vous et à vous seule son intimité physique et émotionnelle .
Ainsi , à aucun moment il n’invoquera son « irrépressible et ingérable envie » d’être avec la gente féminine comme un prétexte voire même une maladie qui l’empêcherait d’être fidèle ou qui pourrait l’amener à vous être infidèle.
Au contraire , il travaillera de part ses fréquentations , ses sorties ou tout autre moyen à faire taire toute envie d’être avec une autre femme que vous.

Steve Gadet dans son ouvrage répond à bien d’autre questions sur ce que devrait être un amour sain entre un homme et une femme .
Les hommes n’ont pas l’exclusivité de la méconnaissance de l’amour , le genre humain tout entier a parfois besoin de réviser quelques grandes leçons de la vie.
Les femmes ne sont donc pas en reste et Steve s’est aussi penché sur ce que devrait être l’amour d’une femme pour un homme dans « Quand une femme aime un homme ».

Si vous souhaitez en savoir plus vous pouvez vous procurez « Quand un homme aime une femme » et « Quand une femme aime un homme » (édition café noir) dans les librairies de Guadeloupe et de Martinique.

 

Stevy Mahy : Renaissance woman project

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Le désormais emblématique Mémorial Act de Pointe à Pitre a accueilli samedi 26 Août l ‘artiste guadeloupéenne Stevy Mahy .

Celle qui se décrit comme une femme qui chante, a présenté « Renaissance Woman » le fruit de sa résidence d’artiste de 5 jours.

Le projet Renaissance Woman s’articule autour du développement personnel , de la connaissance mais aussi de l’acceptation de soi même.

Drapée dans une longue robe aux imprimés psychédéliques , Stevy mahy s’est muée le temps d’une soirée en conteuse et a proposé un spectacle parsemé de vidéos , de chorégraphies interprétées par 4 danseurs mais aussi de chansons extraites de son premier album « Créole folk trip » mais également de son dernier opus « Renaissance woman » . Retour sur une soirée pleine d ‘émotions.

 Il était une fois….

C ‘est d’abord une histoire que Stevy a souhaité nous raconter, celle de deux flammes jumelles, deux êtres qui n’ont eu de cesse de se chercher et se sont finalement trouvés .

Tous deux connaissent la perte , celle de l être aimé pour l’un et celle d’une partie d’elle même pour l’autre , son sein, ce sein nourricier , symbole de féminité , rongé par la maladie .

Ces deux flammes jumelles traversent les différentes étapes que l ‘on traverse avant d atteindre la renaissance et d’accepter , de laisser aller ,de laisser faire dieu.

Quatre étapes composent ce long voyage vers la renaissance , la mort , le déni , le lâcher prise et l’éveil .

Accompagnés de leurs énergies masculine et féminine, les deux êtres se meuvent au fur et à mesure dans ces différentes étapes pour enfin connaître la renaissance , se retrouver et ne faire plus qu’un.

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Une métaphore de sa propre histoire

Stevy mahy fait partie de ses artistes qui ne mettent pas de frontière entre leur œuvre et leur vie .

Ils transforment leurs émotions en œuvres et donnent forme à leur vision de la vie en chansons , vêtements , bijoux , peinture , films ou encore poème. Ils sont la création incarnée.

C’est sa propre histoire que l’artiste a souhaité mettre en scène , ces deux flammes jumelles que le public a pu suivre tout au long du spectacle ne sont que les deux faces de sa propre personnalité , accompagnées de ses énergies masculine et féminine.

La femme qui pleure son sein c’est Stevy plus jeune , dans un processus de deuil de toutes celles que la société aurait voulu qu’elle soit.

L’homme qui pleure son épouse , c’est aussi Stevy , Stevy face à la perte de ceux qu’elle a aimés et avec lesquels elle a du apprendre à faire sans , aussi difficile cela soit -il car on ne sait pas «  faire sans » comme elle le dit elle même.

Son énergie masculine l’a portée tandis que son énergie féminine a été plus difficile a apprivoisé au fur et à mesure des années.

Ceux qui suivent l’artiste sur les réseaux sociaux et dans ses différents projets sont familiers des différentes problématiques soulevées durant ce spectacle ainsi que de son parcours de renaissance.

La chanteuse Guadeloupéenne qui a récemment fêté ses 40 ans célébrait le rejet de tous les stéréotypes reliés à cette âge pour embrasser pleinement la femme qu’elle est aujourd’hui plus désirable que jamais, plus belle que jamais et comme elle le chante si bien plus forte.

Femme d’arts: renaissance woman

Stevy Mahy est la définition même d’une renaissance woman .

Ce terme anglophone désigne un être , homme ou femme investi dans plusieurs domaines artistiques.

Ceux qui suivent la guadeloupéenne la connaissent comme chanteuse, réalisatrice, mais aussi créatrice de bijoux et de pochettes.

Le spectacle proposé ce Samedi 26 août a été à l’image de cette renaissance woman qu’est Stevy Mahy.

Les chansons des deux albums de l’artiste ont été bien sur mises en avant .

Elles ont été interprétées par l’artiste elle même accompagnée d’un guitariste .

Grande amoureuse d’Haiti, Stevy a laissé une belle place à des chants haitiens vaudous aux rythmes envoutants.

Ils ont porté le spectateur durant ce voyage à la fois mystique mais aussi terriblement proche de chacun de nous.

La danse, magnifiée par les corps de 4 danseurs, a également été un instrument pour incarner cette renaissance qu’a voulu nous faire partager Stevy Mahy.

Enfin, la vidéo , sans doute le premier amour de la chanteuse a permis de mettre des images sur les sentiments et émotions partagés ce soir là .

Ceux qui étaient là se rappelleront sans doute de l’image de cette chute d’eau(sans doute à Saut -d’eau en Haiti) sous laquelle une foule vêtue de blanc semblait célébrer la vie , laisser couler la rivière et lâcher prise.

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Le fruit de la résidence d ‘artiste de Stevy Mahy ce soir d’Août semble être la confirmation que le public guadeloupéen va devoir compter sur cette femme -artiste aux multiples talents .

D’autres collaborations avec le mémorial Act sont d’or et déjà prévues dans les mois à venir.

 

 

L’album « Renaissance woman » est disponible en téléchargement légale .

Jean « Amédé » Caze

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Virée nocturne dans la diaspora

Mes errances nocturnes sur youtube m’ont un soir amenée jusqu’à Haïti , plus précisément dans la diaspora haïtienne ,  celle qui vit aux États -Unis.

Là , j’y ai découvert Jean Amédé Caze , trompettiste, compositeur, brillant musicien Haitiano-américain.

« Haitian peace song » extrait de « Miami Jazz scene » a alors résonné dans mes écouteurs tel une prière pour Haïti.

Deux années ont suivi , celui qui présentait à l’époque  « Miami  Jazz scene » propose cette fois « Amédé ».

Douze titres figurent sur ce nouvel album.

Différents les uns des autres , un point commun les rassemble, l’envie constante que Jean Caze a eu de souligner sa double appartenance .

Celui qui se fait appeler Jean a donc choisi de faire parler Amédé, petit garçon d’origine haïtienne qui peu à peu s’est fondu dans la culture américaine tout en conservant au fond de son cœur les rythmes compas et rara de sa terre d ‘ origine.

Mardi gras à Port au Prince

Cet album qui a pris du temps à voir le jour , s’ouvre immédiatement sur Haiti.

« Sparks » le morceau d’ouverture rappelle les rythmes du carnaval haïtien et nous amène à Port au Prince un jour de mardi gras.

Les conques de lambis , mollusque dont l’habitat est utilisé comme instrument de musique dans les caraïbes résonne en ouverture du morceau avant de céder la place à la trompette de Jean Caze et aux autres instruments.

Comme souvent en Haïti les rythmes vaudous ne sont jamais bien loin .

« Sparks » tel une étincelle , provoque une forme de transe auditive marquée par le son du tambour, instrument haïtien par excellence.

Poésie haïtienne

Bien que tout l’album vaille plus que la peine d’être écouté , s’il ne fallait garder qu’un seul morceau je garderai « Wap Wen », le deuxième titre .

Je dois avouer que je suis encore incapable de traduire cette phrase en créole haïtien mais la beauté de la langue m’a fait passer toute envie de traduction.

Sur un texte signé Syto Cavé , l’un des grands maîtres de la poésie haïtienne, le chanteur Joe Ferdinand souligne la beauté de la musique qu’il compare aux charmes d’une femme.

Telle une fidèle compagne, la musique l’accompagne partout où il va . 

Haïti-compas

Parcourant l’album de Jean Caze, je continuais d’aller à la découverte des rythmes haïtiens.

Quelle ne fut pas ma surprise de tomber sur une version compas très dansante de l’excellentissime « Haitian peace song ».

Un voyage à Haïti , l’audace d’un musicien et l’envie de faire le lien entre ce nouveau projet et son précédent album auront décidé Jean Caze à conserver cette version.

Tous les amoureux de compas et ils sont nombreux ,tomberont sous le charme de ce morceau qui rappelle la musique des meilleurs artistes compas.

Retour aux Etats-Unis

Comme pour revenir à ce qu’il est , un haitiano-américain , Jean Caze conclue l’album par une version groovy d’ « Amazing grace ».

Comme il s’est inscrit dans le cœur même de la nation haïtienne, en reprenant cette chanson extrêmement fédératrice du répertoire américain il s’inscrit cette fois dans le cœur de la nation américaine.

Ce morceau , encore repris aujourd’hui par de nombreux musiciens, a accompagné les grands moments de l’histoire américaine.

Je conclurai en disant qu’à travers cet album c’est lui-même que Jean Caze a présenté au public.

Lui, cet individu pleinement ancré dans le monde d’aujourd’hui , à l’identité-rhizome*

*Tige souterraine émettant des racines et des tiges aériennes.

ENGLISH VERSION

 

In the Haitian diaspora

One night , my late wanderings on youtube led me to the Haitian diaspora the one living in the United States.

There, I met a  brilliant Haitian -American  trumpet player Jean Caze.

I pressed the play button and « Haitian peace song « from his debut album resonated in my earphones just like a prayer for Haiti.

That was two years ago.

This year , Jean Caze is presenting a new release: « Amédé ».

Ten tracks compose this very new record. They are all very different. But there’s a common point.

In most of them, the musician decided to give a voice to that little boy inside of him, a little Haitian boy who gradually became American but never forgot about his roots.

Mardi gras in Port au Prince

This long- awaited album immediately brings you to Haiti with the debut track « Sparks ».

« Sparks » transports you and you feel like being in Port au Prince on a mardi gras day.

The conch shell used as an instrument in many Caribbean islands resonates before having Caze’s trumpet and other instruments playing.

As very often when it comes to Haitian culture voodoo is never far.

« Sparks » provokes a trance-like experience marked by drums, drums being very essential in Haitian music.

Haitian poetry

Even if the entire album is worth-listening if I had to keep one track that would be « Wap wen ».

Written by one of the masters of Haitian poetry , Syto Cavé and interpreted by Joe Ferdinand, the song is a metaphor of couple-life with music being a faithful and gorgeous wife following her husband(the musician) wherever he goes.

Haiti compas

As I kept going through « Amédé » , I noticed how diverse the rhythms were  on the album.

I was very surprised to find a compas version of « Haitian peace song » from « Miami Jazz scene » Jean Caze’s wonderful debut album

Recalling the  most popular Haitian musics , the track was born after a trip in Haiti  and a musician stubborn enough to suggest such a version.

Compas lovers will definitely love it.

Back to the US

The album final track is a groovy rendition of  the beautiful « Amazing grace ».

With this very popular American music Jean Caze is now paying hommage to the country where he was raised.

« Amazing Grace  » has been played during many American  historical moments and is a very unifying song.

The track is a way for the trumpet player to assert that he is Haitian- American.

« Amédé »  is definitely a  » this is who I am  » album .

Jean Caze introduces himself to the world  , declines the different aspects of his culture and presentes his rhizome* -like  identity.

*a thick horizontal  underground stem of plants with multiple roots.

 

Maryse condé : Mets et merveilles

mets et merveilles

Les livres de Maryse Condé ont toujours fait partie de ma bibliothèque personnelle et m’ont apporté tantôt de la joie, tantôt des ébauches de réponses, tantôt des questionnements.
De Moi Tituba sorcière noire de Salem étudié au collège en passant par Le cœur à rire et à pleurer lu au lycée ou La vie scélérate découvert dans un abri de jardin ,abandonné par un lecteur étourdi j’ai toujours apprécié la voix de Maryse Condé, vraie, abandonnée,sans fards.
Dans ce qu’elle décrit comme étant sans doute son dernier ouvrage, Maryse Condé reste fidèle à cette voix et tord le cou aux idées reçues.
Elle met à mort la rivalité entre chose de l’esprit et bonne chère et s’affirme comme cuisinière de son état.

Une suite à la vie Sans fards.

En 2012, Maryse Condé publie La vie sans fards ouvrage autobiographique dans lequel tel Rousseau (dont elle emprunte d’ailleurs les mots dans la préface ) elle se confesse.
Dans Mets et merveilles l’auteur nous confie encore des épisodes de sa vie mais cette fois au travers du prisme de la gastronomie et des voyages.
Maryse condé affirme et expose, la compréhension du monde dont elle a accouchée via ses expériences culinaires et ses diverses expéditions .
Sur l’homosexualité, par exemple son séjour à Berkeley en tant que professeur et une escapade néo-orléanaise lui ont permit de se forger l’idée selon laquelle les homosexuels étaient les combattants d’une certaine liberté .
Ses deux séjours plus ou moins longs dans de grandes villes américaines ont aussi contribué au dépassement d’une incompréhension plus personnelle.
L’ouvrage détient une dimension purement autobiographique .
Au fil des pages le lecteur suit le fil de la vie de Maryse Condé.

Une ébauche de livre de cuisine.

« Il ne faut jamais blâmer une contrariété . »
L’expression antillaise le dit et Maryse Condé le prouve.
A une idée de livre de cuisine refusée par son éditeur Maryse Condé a répondu par Mets et merveilles.
Là où un ouvrage de cuisine se cantonnerait à des recettes, à des carcans,l’auteur propose des ébauches de recettes et revisite des plats qu’elle a rencontrés tout au long de ses périples.
Elle donne ainsi au lecteur le choix de se cantonner à l’original, de la suivre dans ses créations ou d’inventer sa propre recette.
Elle réaffirme une notion  qui lui est plus que chère : la liberté.

Ouvrir la bouche pour s’ouvrir aux autres.

Maryse Condé écrivaine Guadeloupéenne semble s’être construite dans l’ expérimentation des autres.
Les plats qu’elle décrit sont une porte vers d’autres cultures.
A travers les sensations gustatives rapportées par l’auteur, le lecteur se retrouve au seuil d’autres univers.
Il ne lui reste maintenant plus qu’à oser pousser la porte d’un restaurant indien, cajun ou encore israélien pour s’immerger un petit peu plus dans ce que sont ces communautés ou ces peuples .
Comme le dit la romancière elle même la connaissance du monde qui nous entoure rend plus intelligent.
Cette connaissance ne pourrait-elle pas passer aussi par la cuisine ?
En témoigne , par exemple cette discussion que nous rapporte Maryse Condé entre elle et une jeune femme aborigène en Australie, celle-ci lui décrit le mode d’alimentation de sa communauté principalement composé de viande d’animaux présents dans leur environnement , le « bush » .
Heureuse de cette entrée en matière à propos des aborigènes , l’auteur ne cache pas sa déception d’avoir du écourter cette rencontre qui semblait si prometteuse en matière de connaissance de l’autre.

Mélange des genres.

Le mélange des genres est l’essence même de cette ultime ouvrage .
Il est à l’image de l’auteur elle-même car Maryse Condé l’affirme dans de nombreuses interviews elle n’aime pas les étiquettes placées trop hâtivement sous son nom.
Alors qui est Maryse Condé ?
Elle nous répond à travers Mets et merveilles .
Maryse Condé est une femme, une mère , un écrivain, une enseignante, une grand-mère, une cuisinière, une amoureuse des voyages et encore bien d’autres choses .
Divers épisodes de ses multiples vies s’entremêlent dans l’ouvrage.
On passe de la pure description de la préparation de mets au commentaire littéraire en passant par le récit d’un épisode marquant de sa vie de femme.

Regret.

Je terminerais en disant que c’est avec grand regret que j’ai tourné la dernière page de ce que Maryse Condé décrit comme son ultime ouvrage .
Si elle déclare vouloir continuer à rêver dans sa tête , nous lecteurs ne pourront bénéficier de ses rêveries .

Comme elle le dit elle-même , l’écrivain est préoccupé par un certains nombre de questions qui occupent son univers littéraire et si les redites sont plus qu’appréciées en cuisine en littérature elles ne sont pas admises.
Quant au lecteur aucune forme de répétitions ne lui est interdite alors lisez , relisez Maryse Condé.

 

 

    English Version

I think Maryse Condé ‘s books have always been on my bookshelf. They sometimes brought me joy, beginnings of answers but they have also raised a few questions .

From Tituba : Black witch of Salem , a book I read in school to Tree of life accidentally found in a garden shed , I’ve always loved what Maryse Condé had to offer, and how she offered it , in a very blunt , honest and true manner .

In what might be her very last book she remains faithful to her voice and kills off stereotypes .

She puts an end to the rivalry between things of the spirit and fine food

A sequel to La vie sans fard.

In 2012, Maryse Condé published La vie sans fard, a memoir in which she meditates on her own life and just as the French Philosopher Rousseau did , she recounts very detailed experiences.

In Mets et Merveilles, the famous Caribbean writer delivers new episodes of her hectic life,and focuses on her multiple travelling experiences and on food.

Food in this very last book is definitely the main character, the one thanks to whom she discovers the different countries she visits and how complex human relationships can be .

For example, she evokes the time she spent in Berkeley as a professor but also a short period in New Orleans (she had the opportunity to enjoy creole food ) as turning points in the way she looks at gay people.

They came out as authentic freedom fighters.

Suggestions of recipes.

Originally, Maryse Condé wanted to write a cookbook but the idea was rejected by her publisher.

This rejection led her to write Mets et Merveilles.

Unlike a cookbook ,this book suggests recipes and, invites the reader to be original and bold .

You can either play it safe and make your own recipes or follow Maryse Condé ‘s cooking inspirations.

It feels like she is asserting freedom through her words  and urges the reader to be free just like her.

Eat fine food , then open to the world.

Maryse Condé, has always been attracted to others. She claims that the more you know the world, the better you will understand it.

She presents recipes from all over the world as explorations of the countries where they are from.

Thanks to the numerous flavours she introduces, you feel like being in India, Israel or even Australia . You also feel the desire to go and taste South -African , English or Caribbean cuisine in a fine restaurants.

The book contains short recountings of her meetings with natives , like the one with a young woman from the indigenous community in Australia , she told her about the food that sustained her people for thousands of years.

Maryse condé recalls how pleasing but also how too short their conversation was.

Different genres in one book.

Just like Maryse Condé , this book cannot really be defined .It ‘s a combination of different genres.

In many interviews she claims that she absolutely refuses to be labelled anything.

Her identity is very diverse , and this book serves as a manifesto of the different facets of her personality

Who is she exactly ? A woman , a writer, a scholar , a mother, a grandmother and many other things.

Different episodes of her life intertwine in a single book , and we go from literary comments to instructions on how to prepare good food.

Sadness

I will finish this article by saying that it was with a deep sadness that I turned the last page of what Maryse Condé calls « my last book » .

She is still concerned about literary questions but fears being repetitive and writing the same book twice.

Repetition is clearly admitted when it comes to food but as for literature it seems to be forbidden.

As a result , she decided to keep her stories in the depth of her mind, just for herself.

It seems like we won’t benefit from her grand talent anymore.

As for us readers, who should not be afraid of repetition, so go and read Maryse Condé again and again.

 

Sonny Troupé-Grégory Privat que le lumière soit!Et la lumière fut !

luminescence_585Voilà déjà quatre mois de cela, Luminescence est né. Le 26 Janvier précisément.
Faire -part de naissance tardif direz-vous ,effectivement Luminescence a depuis bien grandi.

      Petit pense-bête

SAM_0030                                Grégory Privat et Sonny Troupé le 30 Avril dernier à St Lazare

Il y a déjà de cela bien longtemps que j’aurais du vous parler de Luminescence mais submergée par les nombreuses sorties musicales des mois de Mars et Avril j’ai omis de consacrer quelques lignes à cette collaboration que j’ai pourtant beaucoup attendue.

Le 30 Avril dernier, la journée internationale du jazz s ‘est chargée de me la remettre à l’esprit.

Le pianiste Grégory Privat et le percussionniste Sonny Troupé faisaient en effet partis des artistes choisis par les organisateurs de la manifestation pour célébrer le jazz à Paris.

A 10h 35 ils ont ainsi investis la gare St lazare, Grégory Privat sur le piano qui d’habitude est occupé par les pianistes de tout bords de passage dans la grande gare du 8 ème arrondissement, Sonny Troupé accompagné de son fidèle  ka.

Curieux, mélomanes et amateurs en tout genre ont pu s’en donner à cœur joie et se laisser happer par l’enthousiasme des deux musiciens .

Une communication entre deux entités

La genèse de cet opus réside dans le morceau « on piano épi an ka » ,morceau figurant sur le premier album de Grégory Privat «  Ki koté ».

Déjà à l’époque(2011) les deux instruments que sont le piano et le ka de la Guadeloupe se répondaient , se cherchaient, se narguaient presque , s’imitaient.

Conscients de la singularité de cette conversation ,les deux musiciens ont donné naissance à Luminescence et ont ainsi décidé de la poursuivre .

Une véritable fusion

Si l’album des deux artistes s’intitule Luminescence c’est parce qu’il est placé sous le signe de la lumière.

Le titre éponyme « Luminescence » évoque un lever du jour , une entrée en matière , le début de quelque chose.

la technique de jeu de Sonny troupé rappelle celles des plus grands tambouyés de Guadeloupe, elle se veut parfois plus singulière et fait du ka un instrument mélodique.

De même le piano ,instrument généralement mélodique se réinvente et devient percussion.

Les deux instruments s’apportent mutuellement, se complètent et de l’écoute de ce duo se dégage une véritable harmonie à l’image de celle qui réunit les deux musiciens qui sont aussi de véritables amis.

Quand le jazz se rapproche de la Caraïbe

Luminescence est profondément empreint de l’héritage caribéen des deux artistes , originaire pour l’un de la Martinique et pour l’autre de la Guadeloupe.

Six des dix titres qui composent l’album portent d’ailleurs des noms en créole(Pasaj, Zéklè , Zendyen …).

Le jazz y est aussi fortement présent, l’auditeur assiste  à un mariage réalisé avec finesse , à une discussion entre deux musiques qui se retrouvent avec plaisir pour nous faire entendre le jazz caribéen d’aujourd’hui.

Certains morceaux sont assez clairs dans l’émotion qu’ils véhiculent mais d’autres laissent place à un mystère envoûtant .

Dans « ki tan » ainsi que dans le dernier morceau intitulé « improvisation in Meudon » les notes semblent sorties de nulle part et font la joie de l’auditeur pris dans un tourbillon d’émotions.

La scène et la complicité

Je terminerais en vous invitant à aller voir vivre cet album sur scène.
Toutes les revues du monde ne suffiront pas à décrire une musique qui s’épanouit devant le public au travers des improvisations que proposent ses auteurs.
Les deux artistes font de la scène le lieu de vie de leur art mais laissent aussi libre court à leur complicité. Ils se cherchent, se lancent des défis et laissent émaner cette luminescence du nom de laquelle ils ont baptisé ce projet en commun qui espérons le ne sera pas le dernier.

Olana