Black cultural archives: conserver la mémoire des afro british.

« London , London is calling you ! » chantait il y a déjà deux ans de cela Benjamin Clémentine le magnifique. Cet été Londres m’a moi aussi appelée ou plutôt rappelée . Après une première visite en juillet 2016 me voilà de retour dans la capitale britannique en juillet 2017 prête à découvrir( ou redécouvrir) ses multiples recoins.

Touriste dans l’âme, c’est armée de mon fidèle guide du routard et de ma petite liste de « must- see in London  » que j’ai donc arpenté pour la seconde fois les rues de la ville , décidée à respecter chacune des étapes de mon planning.

« C ‘est en sortant des sentiers battus que l’on découvre les endroits les plus inattendus lorsque l’on visite une ville ! » vous diront les touristes aguerris .

Fatiguée des traditionnels  british museum , et autres Buckingam palace j’ai décidé  cette fois ci de m’aventurer dans le très populaire Brixton et de m ‘y promener sans but précis. C’est alors qu’apparut le black cultural archives .

Ma curiosité piquée je décidai de pénétrer le bâtiment , voici ce que j’y découvris.

 

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Conserver la mémoire des citoyens britanniques d ascendance africaine .

Le black cultural archives a été fondé en 1981 dans un royaume unie alors dirigé par Margareth Thatcher.

Comme beaucoup de grandes démocraties du monde occidentale, la grande Bretagne n’a pu échapper aux émeutes raciales et a vu éclater au printemps 1981 dans un Brixton alors encore majoritairement noire des affrontements entre manifestants et force de l’ordre.

Alors que le conflit battait son plein et convaincus que seuls l’éducation et la mise en lumière de l’histoire de la présence noire en Grande Bretagne calmerait la situation , un groupe d’activistes, d’enseignants et d’artistes avec à sa tête Len Garrison un militant du monde associatif fervent défenseur de l’éducation, décide alors de fonder ce lieu de conservation de tous les documents attestant de la présence noire en Grande Bretagne.

Ainsi ,le premier étage du bâtiment est dédié à la conservation de toute la littérature , et de toutes les publications audios mais aussi des objets et des photographies en relation avec la diaspora africaine qu’elle vienne du continent africain ou de la Caraibe.

Plus que de conserver des documents , il s’agit de mettre à la disposition de tous , du simple citoyen curieux de son histoire à l’universitaire toute cette matière qui témoigne des relations entre la diaspora africaine et la Grande Bretagne au travers des siècles.

Un bâtiment digne de l’histoire qu’elle abrite

C’est au prix de luttes et d’efforts que s’érige depuis 2014 l’actuel black cultural archives, l’établissement d’origine se résumant en effet à une simple devanture de magasin.

Le bâtiment flambant neuf d’une valeur de 4 millions de pounds au coeur de Londres non loin du très populaire Brixton Market est le résultat d’un partenariat avec le Lambeth council et de l’obtention d’une bourse.

Le bâtiment et la très récente présence du prince Charles dans ses murs (en Janvier de cette année) sont ainsi la preuve que le gouvernement britannique donne aujourd’hui plus d’importance à l’histoire de ses minorités et au rôle joué par celles-ci dans l’histoire britannique et plus singulièrement dans l’histoire de Londres.

Sa situation géographique témoigne bien de cette volonté de faire vivre le passé au milieu de notre époque

Vous y serez accueillis chaleureusement par les employés qui se feront un plaisir de vous expliquer le fonctionnement des lieux.

Le black cultural archives fonctionne en majeur partie grâce à des subventions mais il ne vous sera pas interdit de vous montrer généreux en glissant une petite pièce dans l’une des boites mises à l’entrée.

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Un espace de création

Outre les expositions gratuites que propose le black  cultural archives ( celle du mois de juillet intitulée « black sound » traitait de la contribution noire à la musique britannique de la musique produite par les premiers immigrés aux artistes contemporains comme Tinie Tempah ou encore Emelie Sandé) le black  cultural archives est aussi un espace de création où les artistes musiciens et poètes pour la plus part viennent régulièrement s’exprimer lors de soirée culturelle.

Des scènes ouvertes où les apprentis poètes sont invités à venir s’exprimer y sont d’ailleurs organisées.

Bien que le quartier soit en plein processus de gentrification n’étant plus tout à fait le coeur du black London , le black archives lui demeure le symbole même d’une Grande Bretagne consciente de toutes ses couleurs.