Sonny Troupé-Grégory Privat que le lumière soit!Et la lumière fut !

luminescence_585Voilà déjà quatre mois de cela, Luminescence est né. Le 26 Janvier précisément.
Faire -part de naissance tardif direz-vous ,effectivement Luminescence a depuis bien grandi.

      Petit pense-bête

SAM_0030                                Grégory Privat et Sonny Troupé le 30 Avril dernier à St Lazare

Il y a déjà de cela bien longtemps que j’aurais du vous parler de Luminescence mais submergée par les nombreuses sorties musicales des mois de Mars et Avril j’ai omis de consacrer quelques lignes à cette collaboration que j’ai pourtant beaucoup attendue.

Le 30 Avril dernier, la journée internationale du jazz s ‘est chargée de me la remettre à l’esprit.

Le pianiste Grégory Privat et le percussionniste Sonny Troupé faisaient en effet partis des artistes choisis par les organisateurs de la manifestation pour célébrer le jazz à Paris.

A 10h 35 ils ont ainsi investis la gare St lazare, Grégory Privat sur le piano qui d’habitude est occupé par les pianistes de tout bords de passage dans la grande gare du 8 ème arrondissement, Sonny Troupé accompagné de son fidèle  ka.

Curieux, mélomanes et amateurs en tout genre ont pu s’en donner à cœur joie et se laisser happer par l’enthousiasme des deux musiciens .

Une communication entre deux entités

La genèse de cet opus réside dans le morceau « on piano épi an ka » ,morceau figurant sur le premier album de Grégory Privat «  Ki koté ».

Déjà à l’époque(2011) les deux instruments que sont le piano et le ka de la Guadeloupe se répondaient , se cherchaient, se narguaient presque , s’imitaient.

Conscients de la singularité de cette conversation ,les deux musiciens ont donné naissance à Luminescence et ont ainsi décidé de la poursuivre .

Une véritable fusion

Si l’album des deux artistes s’intitule Luminescence c’est parce qu’il est placé sous le signe de la lumière.

Le titre éponyme « Luminescence » évoque un lever du jour , une entrée en matière , le début de quelque chose.

la technique de jeu de Sonny troupé rappelle celles des plus grands tambouyés de Guadeloupe, elle se veut parfois plus singulière et fait du ka un instrument mélodique.

De même le piano ,instrument généralement mélodique se réinvente et devient percussion.

Les deux instruments s’apportent mutuellement, se complètent et de l’écoute de ce duo se dégage une véritable harmonie à l’image de celle qui réunit les deux musiciens qui sont aussi de véritables amis.

Quand le jazz se rapproche de la Caraïbe

Luminescence est profondément empreint de l’héritage caribéen des deux artistes , originaire pour l’un de la Martinique et pour l’autre de la Guadeloupe.

Six des dix titres qui composent l’album portent d’ailleurs des noms en créole(Pasaj, Zéklè , Zendyen …).

Le jazz y est aussi fortement présent, l’auditeur assiste  à un mariage réalisé avec finesse , à une discussion entre deux musiques qui se retrouvent avec plaisir pour nous faire entendre le jazz caribéen d’aujourd’hui.

Certains morceaux sont assez clairs dans l’émotion qu’ils véhiculent mais d’autres laissent place à un mystère envoûtant .

Dans « ki tan » ainsi que dans le dernier morceau intitulé « improvisation in Meudon » les notes semblent sorties de nulle part et font la joie de l’auditeur pris dans un tourbillon d’émotions.

La scène et la complicité

Je terminerais en vous invitant à aller voir vivre cet album sur scène.
Toutes les revues du monde ne suffiront pas à décrire une musique qui s’épanouit devant le public au travers des improvisations que proposent ses auteurs.
Les deux artistes font de la scène le lieu de vie de leur art mais laissent aussi libre court à leur complicité. Ils se cherchent, se lancent des défis et laissent émaner cette luminescence du nom de laquelle ils ont baptisé ce projet en commun qui espérons le ne sera pas le dernier.

Olana